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Guillaume Durand | A l'ESJ Paris |
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 | Conférences à l'ESJ Paris : les travaux pratiques des étudiants Guillaume Durand passe aux aveux
Au banc des accusés au 107, rue de Tolbiac, Guillaume Durand a subi pendant plus d’une heure un interrogatoire sur ses mobiles et alibis concernant des faits qui se sont déroulés ces 30 dernières années.
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Accusé Guillaume Durand, levez-vous.
Voici les charges qui pèsent sur vous. Votre coupe de cheveux est aussi hésitante qu’un normand dans la fleur de l’âge. Vous êtes aussi accusé d’abandon de poste en 78, date à laquelle vous quittez votre l’enseignement pour le journalisme sur Europe 1. Sans compter votre tentative de terrorisme audiovisuel subversif sur la défunte 5, où vous présentiez les informations en costume dans un décor de salle de bains. Vous avez également failli détruire l’Europe en 1992 à cause d’une émission. Failli uniquement car malgré votre outrecuidante audace, la présence de François Mitterrand évita de justesse le fiasco référendaire. Le dernier chef d’accusation concerne votre passage à Canal Plus, où vous avez laissez de nombreuses trace irréfutables de votre présence. Votre passif est lourd, un des plus lourds parmi ceux de vos collègues. Vous n’êtes pas en bonne posture. Ca s’annonce mal…
A cela, vous répondez donc que votre passion du journalisme était plus forte que votre envie d’enseigner. N’auriez-vous pas fait une réaction un poil épidermique, Monsieur Durand ? Une aussi grande réaction pour un si petit évènement, n’est-ce pas un tantinet excessif ?Ajoutons à cela votre insoupçonnable félonie qui, une fois sur Europe 1, vous a permis de partir en Irak peu de temps après votre arrivée sur cette station, au nez et à la barbe de beaucoup de vos collaborateurs. Mais vous avez prouvé et plus que prouvé que vous n’aviez pas volé cette place. Cette charge n’est donc plus retenue contre vous.
Parlons maintenant de l’époque de la 5. L’accusation de meurtre avec préméditation d’une chaîne nationale n’a pas été retenue contre vous, mais contre votre ex-collègue Silvio B. Ainsi, vous expliquez votre parodie d’information sur l’opération Tempête du Désert par le manque de moyens financiers et l’envie de faire aussi bien que les médias américains. Parlez-vous de ces médias détenus par de grands groupes multinationaux comme Murdoch et qui sont à la botte de ceux-ci ? Je vous rappelle que tout ce que vous dîtes pourra être retenu contre vous. Certes, l’ambition est une vertu, mais le plagiat est un délit. Cependant, votre honnêteté ne pourrait être remis en cause dans ces circonstances, particulièrement parce que vous avez osé et fait le maximum pour accomplir votre mission de journaliste, à savoir informer. Vous êtes dégagé de toute accusation pour ce chef d’inculpation.
Revenons à cette émission d’Août 1992. A l’heure où la France est aussi déchirée à propos du referendum qu’a pu l’être Berlin dans les années 70. Au cœur d’une des plus honorables institutions françaises, vous vous êtes laissé aller à ce qui aurait pu se transformer en une tentative de suicide collectif au goût euro-néerlandais. Vous fûtes accompagné dans votre œuvre de destruction massive par une personne souffrante, ô génie pervers que vous êtes, que vous avez forcé à se battre contre l’immobilisme ambiant. Mais là encore, votre formidable audace a permis à un pays hésitant de basculer vers ce qui s’est avéré être la bonne décision, malgré votre état de fatigue, dans une ambiance aussi tendue qu’un string en été sur une plage de Cannes. C’est pourquoi vous êtes excusé et même remercié avec les honneurs.
Finissons, si vous le voulez bien, par votre période Canal +. Autant votre parcours fut sans erreur ni fausse note jusque là, autant vous êtes le premier à reconnaître votre méprise quant à cette décision. Et c’est tout à votre honneur. Car, quand bien même vous êtes arrivé sur la chaîne cryptée avec les meilleures intentions du monde, nos précédentes auditions ont clairement montré une défiance latente à votre égard. Mais vous avez quand même tenu 2 ans avant que Monsieur de Greef ne vous congédie.
Il est évident que dans cette affaire, vous êtes plus une victime qu’autre chose.La cour décide donc à l’unanimité de vous relaxer de toutes les accusations pesant contre vous, mais vous condamne à rester journaliste aussi longtemps que vous le pouvez, en exerçant aussi bien que jusqu’à maintenant votre métier de cœur. Il ne tient qu’à vous de guider les journalistes en herbe vers l’essence même de la profession.
La séance est levée.
Benjamin KHALDI ESJ Paris 2ème année |